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Dialogues entre Pascal Pilate et Patrick Liegibel – 2016

 

Patrick Liegibel : Comment se décide-t-on à peindre ?

Pascal Pilate : C’est une nécessité naturelle.
Enfant, je peignais pour m’exprimer sans risque d’être réprimandé.
Un moyen de crier en silence, en vivant ma liberté à la limite de deux mondes, l’un bien réel et l’autre imaginaire.
Avec le temps, l’assimilation des codes du monde extérieur a formaté cette expression originelle. La peinture avec son vocabulaire propre s’est imposée, un style s’est créé en gardant toujours une quête de silence intérieur et d’apaisement.

PL : Quelles sont les premières images qui te viennent à l’esprit quand tu peins ?

PP : La première image est celle d’un fleuve qui coule en permanence et que je laisse me traverser. Je plonge dans ce flux continu et j’y puise une nourriture créatrice. Lorsque je ne peins pas, cette énergie s’accumule et peut devenir invivable. La toile est là pour poser des choses qui passent. Lorsque je m’assieds devant mon projet, je suis au bord de ce fleuve, et entre dans une contemplation de laquelle peut émerger l’action juste. Dans cet état, on s’aperçoit qu’un vol d’oiseau dans le ciel possède une harmonie se suffisant à elle-même. La plongée dans un monde intérieur permet de dépasser une dualité parfois brutale et souvent artificielle dans laquelle on s’enferme. Malheureusement, nous allons désespérément chercher à l’extérieur ce qui se trouve déjà à l’intérieur de nous.

PL : As-tu le sentiment d’être utile lorsque tu peins ?

PP : L’art peut-être utile et se positionner dans une forme de revendication politique comme chez Ai Weiwei. L’artiste s’exprime en fonction de la société dans laquelle il vit mais, où qu’il se trouve, sa liberté universelle lui permet de continuer son cheminement. Je souhaite une fonctionnalité de l’œuvre d’art qui aide à vivre et entretient chez chacun un espoir et une liberté.

PL : Lors de notre première rencontre, le rapport que tu avais aux corps que tu soignais, m’a beaucoup frappé. Ces corps devenaient des sortes de sculptures auxquelles tu redonnais forme et surtout auxquelles tu donnais de l’amour. Cette approche thérapeutique et sensible m’a suffisamment touché pour que j’attende avec impatience le moment où tu allais enfin te considérer en tant que peintre.

Un mois de décembre, il y a une quinzaine d’années, tu t’es installé dans ton atelier de Montreuil et tu es né en tant qu’artiste. Tu étais enfin chez toi, tu t’étais trouvé, et c’est ce que l’on peut souhaiter de mieux à un ami.

J’ai aussitôt pris conscience que ta profession d’ostéopathe s’installait sur une voie parallèle qui cédait le pas à la Peinture.

Chacun doit trouver son espace comme tu l’as fais.

(penser à présenter les certificats d’Installations Osteo Art-ticulaires que j’ai mis en place et présenter ma démarche d’osteopathe comme une démarche artistique…… cf cours que j’ai donnés ou cf les polytechniques ostéopathiques / le grand livre d’ostéopathie)

PP : J’ai enfin osé m’exposer en tant qu’artiste, et l’échange avec l’autre, celui qui regarde, reste le fond de la démarche. Le peintre se montre, se met en lumière, ose s’incarner, c’est la symbolique de la condition humaine.

PL : Dans cet échange que tu évoques, y a-t-il de ta part la volonté d’une démarche thérapeutique envers la personne qui va recevoir la toile ?

PP : Oui, ce qui se passe est de la nature de la thérapie et cela participe certainement de l’acceptation de mes rôles pluriels – à la fois peintre et soignant – que plus jeune j’avais tendance à dissocier (par exemple quand j’avais mon premier atelier il y a plus de 30 ans, quai de la Loire, dans les anciens entrepôts de sel de la ville de Paris. À cette époque je travaillais déjà dans un cabinet avenue de l’opéra. )

PL : Effectivement, j’ai toujours reconnu chez Toi, ces deux pôles : L’un en retrait, qui s’efface dans une démarche thérapeutique, don de soi à la recherche d’un échange total avec le patient et l’autre en quête de lui-même et de ce qui le dépasse. Ces deux pôles se sont nourris l’un l’autre. Tu attendais peut-être depuis toujours cette confrontation de ton mode expression avec le regard critique de l’Autre.

PP : Pour donner, il faut une part d’acceptation.
Chacun est porteur de talents qu’il doit accepter pour trouver sa place dans le monde.

En tant que praticien j’aide les autres. J’essaye peut-être de leur donner l’attention que je n’ai pas reçue et ma peinture a été un moyen d’oser dire « Je ». Tout a évolué lorsque j’ai souhaité charger mes toiles de façon énergétique. Réunir enfin mes prédispositions et transmettre pleinement ce que je portais. Sur mes toiles les plus récentes par exemple, lorsque qu’elles étaient encore humides, je me suis concentré et j’ai souhaité envoyer vers elles de la bienveillance, de l’amour, pour qu’elles absorbent cette intention et qu’elles en deviennent porteuses. C’est ma liberté d’artiste de dépasser les conditionnements rationalistes.

Je me suis aperçu que lorsque ces toiles précises étaient exposées parmi d’autres, que les gens allaient instinctivement vers elles.

Ce phénomène nous échappe mais dans nos vies, nous ne contrôlons que peu de choses, et nous ne sommes souvent qu’une coquille de noix flottant sur des événements prédéterminés ou choisis plus ou moins consciemment. Nous ne pouvons pas tout contrôler, tout comprendre. Accepter cet état de fait, c’est s’ouvrir à une harmonie qui nous dépasse, et y trouver un bonheur, par de-là la souffrance et la douleur qui existent et font partie de notre vie. Cette notion d’acceptation et d’ouverture, c’est vivre pleinement l’ambivalence entre notre petitesse et notre grandeur.

PL : Ce dont tu parles est l’éternelle mission des artistes. À Saint-Pierre de Rome, nous sommes confrontés à cette notion de microcosme et de macrocosme. L’art n’a pas vraiment changé depuis Michel-Ange. Il nous fait prendre conscience de notre infinie petitesse, tout en nous apportant la nourriture de grandeur dont nous avons besoin. Si subitement l’art disparaissait, c’est la vie sur terre qui disparaîtrait, totalement. A notre époque, l’art est peut être l’une des dernières démarches ou quelqu’un donne et quelqu’un reçoit, gratuitement, et ne pas recevoir est une souffrance.

PP : Dans des moments très difficiles de mon existence, la peinture a été mon seul recours. Depuis toujours la norme n’a pas été mon élément naturel parce que je suis un franc-tireur, et que l’art a été ma réponse à la castration

de la norme. Plus qu’à aucune autre époque peut-être, nous vivons une période de mutation qui se traduit par une crise profonde et douloureuse, sur tous les plans. Je reste persuadé que l’art est ce qui peut nous sauver et nous élever, car il possède un pouvoir évident de transformation.

PL : Ton travail m’a beaucoup influencé dans mon rapport à la vie. En côtoyant tes peintures et plus largement la peinture contemporaine, je suis devenu plus sensible qu’auparavant à une notion d’ouverture, d’immensité et d’intériorité. C’est peut-être ce que l’on pourrait appeler le rapport au cosmos. J’aimais plutôt la peinture figurative et j’ai doucement glissé vers l’appréciation du non-figuratif, de la matière, d’une sensibilité abstraite. J’imagine la joie intense des grands collectionneurs découvrant un artiste exceptionnel, et qui souhaitent ensuite le faire partager aux autres. Aujourd’hui, les collectionneurs sont-ils animés par la même authenticité que leurs prédécesseurs ?

PP : De nos jours il y a de grands collectionneurs comme Arnault et Pinault mais c’est un jeu de création de valeur avant tout. Le délit d’initiés n’existe pas en peinture. Un marchand achète le stock d’un artiste et le valorise. La cote d’un artiste peut passer de 1 à 1000 sur trente ou quarante ans. C’est un jeu, une stratégie marchande à laquelle peuvent prendre part les artistes également.

Revenons au fond des choses. Ce que je découvre aussi bien dans mon travail d’artiste qu’avec mon travail sur le corps, c’est que le lâcher prise est une passerelle qui permet à la connaissance de nous traverser. C’est une notion très présente en Orient, peut-être moins ici. Je vois cela comme une circulation entre ce cosmos que tu as évoqué et la terre sur laquelle nous nous trouvons. L’artiste peut devenir le vecteur d’une connaissance qui à la fois nous échappe et constitue notre véritable être. Dans la religion juive et la kabbale, comme dans de nombreuses autres traditions, il est question de l’existence de différents états de conscience. La chance inouïe de l’artiste est peut-être d’en traverser davantage que le commun des mortels. L’artiste est à sa façon un pratiquant spirituel et c’est une manière de rester debout dans le monde actuel. Tout peut s’effondrer autour de nous mais à travers cette vie d’esprit et de création, l’artiste trouve un espace de liberté et de respiration qui lui permet de survivre. Au-delà de l’aspect financier que nous avons évoqué, au-delà même de son aspect esthétique, l’art est porteur d’une énergie. L’artiste est l’ambassadeur de ce continent oublié qui existe quelque part au-delà de la perception prosaïque des choses. Après tout, nous savons aujourd’hui que la matière ordinaire ne représente que 5% de la matière existante. J’aurais envie de penser que l’artiste est un medium entre ce monde invisible et le monde que nous percevons. Le peintre doit avoir une palette spirituelle fine et étendue… je vois ce qu’il fait comme une expression vibratoire de ce qu’il est capable de ressentir.

PL : Je me souviens d’un collectionneur qui me parlait d’une œuvre qu’il allait regarder uniquement quand il allait mal. Il n’était plus triste lorsqu’il la regardait. Nous avons tous besoin d’œuvres pour nous ouvrir et respirer, pour nous retrouver. C’est la plus belle thérapie qui puisse exister. Une sorte de thérapie inconsciente. En ce sens, le peintre et l’acquéreur ont-ils un lien particulier ?

PP : Il y a des choses spéciales qui arrivent parfois. Lors d’une de mes expositions à l’espace 54, en descendant au sous-sol j’ai vu une dame japonaise, collectionneuse, qui était arrêtée devant une toile. Elle semblait excessivement émue, et m’a regardé étrangement. Elle a fini par m’expliquer que la toile lui évoquait le village où elle était née. De la fenêtre de sa chambre elle voyait trois rochers disposés d’une certaine manière et elle retrouvait cette vision et cette disposition si particulière sur cette toile. Cette anecdote m’évoque le fait que la connaissance appartient à tous. Les espaces sont empreints de souvenirs, nous sommes tous porteurs, émetteurs et receveurs, de mythes et d’histoires qui nous dépassent, et Jung en a très bien parlé.

PL : Tu as travaillé sur quelque chose, ton inconscient a continué ce travail et tu as rencontré celle qui était en droit de vivre cette émotion.

PP : Oui c’est vrai, mais d’autres gens auraient pu être émus, avec leur propre histoire. Au-delà de sa représentation graphique, la toile est porteuse d’une énergie, d’une émotion, de quelque chose qui lui est propre. Cette énergie entre en interaction avec le vécu et le ressenti de chacun. C’est la même chose avec l’ostéopathie, il n’y a pas de frontières dans sa pratique. Je peux soigner n’importe qui, partout dans le monde à partir du moment où l’indication est bien posée. Je me souviens avoir soigné un bédouin dans le désert marocain. Je m’étais retrouvé sous une tente au milieu des étendues de sable. Il n’y avait que sa chèvre, sa mobylette et ses deux femmes. Il avait mal au poignet depuis longtemps, je l’ai soigné et il a pu recommencer à bouger. D’un seul coup un immense sourire a traversé son visage et il m’a offert le thé comme le plus beau des présents. Il n’y avait pas de paroles, il n’y avait plus de contexte mais simplement le don et le partage.

PL : Lorsque j’ai été ton patient, j’ai eu l’impression d’être de la glaise que tu modelais. Tu étais celui qui faisait quelque chose de nouveau de mon corps. Je retrouve cette sensation dans ta peinture. D’ailleurs es-tu justement inspiré par les matières minérales, par la terre ? On retrouve les crêtes, le relief, les coupes dans tes peintures.

PP : Avec la matière, j’ai toujours souhaité rechercher la profondeur des choses, l’envers du décor : ces lieux effacés et sédimentés, qui pouvaient raconter des histoires. C’est la figure du palimpseste : des histoires sous-jacentes qui se mêlent aux nouvelles. Toutes ces strates infinies forment notre identité multiple et complexe. Un écrivain comme Patrick Modiano travaille notamment sur cela. A une époque je travaillais donc sur la superposition de matières que je ponçais ensuite pour retrouver de la profondeur, de l’espace et une histoire. Je faisais également des « carottes », qui étaient de longs tubes de plexiglas que je remplissais de différentes strates, et qui racontaient un sentiment, une réflexion, une anecdote. Aujourd’hui j’essaie davantage de disposer les matières naturellement. Je recherche de la brillance, à former des sortes de constellations. Je ne souhaite plus seulement jouer avec la matière elle-même, mais aussi avec sa lumière, sa présence et toute l’énergie environnante.

PL : Dans une de tes peintures que je possède, je vois l’aridité et la poésie du désert.

PP : C’est plutôt le désert d’un paysage intérieur, mais pour moi il n’y a pas de solitude lorsqu’on se met à explorer son intériorité. Nous sommes constitués de mondes et de peuples invisibles qui nous nourrissent, nous habitent et nous transportent. Nous sommes porteurs de choses qui nous échappent. Ce sont des racines psychiques, spirituelles et universelles, qui nous lient au-delà de toute individualité.

PL : C’est un peu ce qu’a éprouvé cette dame japonaise…

PP : Effectivement, il y a quelque chose qui s’est joué pour elle à ce moment-là. C’est aussi une énergie qui a circulé et qui a peut-être stimulé une réactivité émotionnelle chez elle. C’est la pensée qui crée la matière, qui n’est qu’une forme d’énergie très concentrée comme nous l’apprend aujourd’hui la physique quantique.

PL : As-tu besoin d’un temps de préparation pour te mettre dans cet état d’ouverture ?

PP : Oui, je me prépare à ce moment de respiration totale. Actuellement je me change quand je vais dans mon atelier, et je me mets pieds nus. Je médite un peu, je m’assois. Je regarde les toiles encore vierges avec une intention reposée, une plénitude. J’essaie de sentir ce qu’elles appellent, ce qui va ressortir. Lorsque j’avais un atelier Quai de la Loire il y a trente ou quarante ans, j’avais une sorte d’envie, de boulimie, de violence. Je bouillonnais, j’étais uniquement tension. Aujourd’hui je me pose dans un autre état, celui d’un espace apaisé. Si l’on est totalement nu, ouvert au moment et à l’instant qui se présente et qu’on charge la toile de son émotion, elle va trouver son sens. Si l’on est trop dans l’intention, dans la volonté, cela ne va plus fonctionner. C’est un peu ce que disait André Bazin sur le cinéma et le danger d’une trop grande focalisation sur la technicité. Il faut laisser aux choses l’espace et la liberté d’apparaître.

PL : Cela m’évoque le fait qu’il n’y a rien de plus sensuel que de se baigner nu, et le moindre tissu fait disparaître cette sensation. Pour toi, la peinture nécessite donc une sorte de nudité mentale ?

PP : Oui, mais il ne s’agit pas d’un dépouillement mais d’une ouverture totale à ce qui peut se passer. C’est vrai que Lucian Freud peignait nu dans son atelier. J’aime la notion de nudité dans l’idée de se départir des codes sociaux et de ses contraintes. J’avais fait une collection verte sur la notion de la limite, donc de la contrainte, entre ce qui nous prive et ce qui nous libère.

PL : Tu ne peins jamais de personnages ?

PP : Il y en a eu un peu. Dans la collection orange, sur le thème de la mémoire, il y a un personnage effacé qui transparaît, une femme aux yeux bleus. Il y aussi dans cette même collection des chérubins, mais c’est vrai que globalement je fais très peu de figuration car je ne veux pas qu’elle soit astreignante intellectuellement et nous ramène à quelque chose de trop prosaïque. Je veux que les toiles soient porteuses de leur propre langage, de leur propre universalité.

PL : Y-a-t-il des toiles dont tu as eu du mal à te séparer ?

PP : Pour la plupart quand elles s’en vont c’est un petit serrement mais je me dis très vite que c’est leur vie et que c’est leur rôle. Elles vont remplir leur mission quelque part. Un jour, un grand et beau sénégalais est venu dans mon atelier et m’a dit que souvent les peintres qui n’arrivent pas à vendre leurs toiles ne veulent au fond pas les vendre, car ils ont pour elles un attachement terrestre qui perdure. Si on arrive à avoir un certain détachement, elles s’en vont comme des feuilles à la saison d’automne et se répandent par le monde.

PL : Est-ce que l’on pourrait dire que ton travail s’adresse à ceux qui cherchent du sens ? Quelqu’un qui aime la décoration ne recherche pas à appréhender cette profondeur.

PP : Chaque personne possède sa sensibilité. S’intéresser à la décoration est une manière de la vivre, je n’ai pas de préjugés là-dessus.

PL : Oui, mais pour moi l’émotion de la japonaise est plus intéressante que celle d’une personne cherchant de la décoration pour son salon. C’est peut être une forme de timidité de ne pas oser s’apercevoir de l’émotion structurante de l’œuvre d’art. L’art m’accompagne au quotidien et chez moi, la place de certaines toiles est choisie en fonction de l’endroit où je vais m’installer car je la verrai mieux. C’est un plaisir égoïste même si je veux le partager. Je me souviens d’ailleurs que la première toile que j’ai de toi a été choisie en fonction d’un signe : le chiffre 7. Le chiffre 7 était un chiffre climatérique chez les anciens, celui de tous les changements possibles, comme la 7ème année chez l’enfant. J’ai trouvé ma respiration dans ce travail.

PP : C’est amusant parce que ce chiffre 7, était en fait le « L » de Pilate, et tu le sais. J’avais disposé les « L » avec l’idée d’un envol, d’un oiseau. Tout cela, ce sont les apparences, le signe est polymorphe, mais ce qui a de l’importance, c’est le sens profond qui lui unit et évoque la même chose. La toile est un support à la rêverie, à la sensibilité, à l’imaginaire, et c’est là que se trouve le partage. L’objectif est atteint. Sortir de la norme, c’est simplement comprendre qu’il y a une norme plus grande qui nous dépasse, une sorte d’harmonie céleste.

PL : J’imagine le 21ème siècle comme la possibilité de se dégager de toute forme de pesanteur. L’immense majorité d’entre nous a besoin d’art, de beauté et de rêverie. Nous cherchons tous la beauté de l’âme, que nous en soyons conscients ou non.